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  • Antiquités Rodriguez

LA GAZETTE N°12

Dernière mise à jour : 25 nov. 2023

CHARLES HUNSINGER

(Dossenheim, 1823 - Paris, 1893)

Chefs-d'œuvre de la marqueterie de fleurs et d'insectes

Le ré-inventeur de la marqueterie au XIXe siècle


Aurore Janson (Recherches et rédactions)

Pour plus d'informations, nous vous invitons à télécharger le :

EXPOSITION

DU SAMEDI 7 OCTOBRE 2023 AU DIMANCHE 29 OCTOBRE 2023



Portrait de Charles Hunsinger, reproduit in Louis Bourne, « M. Hunsinger », Le Panthéon de l’Industrie, neuvième année, 15 avril 1883.


S’il est méconnu aujourd’hui, Charles Hunsinger (1823-1993) a pourtant compté parmi les acteurs majeurs de l’ébénisterie et de l’artisanat d’art français au XIXe siècle. Originaire d’Alsace et issu d’une famille de travailleurs du bois, il est formé par son père et au Faubourg-Saint-Antoine après son arrivée à Paris en 1854. Connaissant un succès tardif mais exponentiel, il s’impose à partir des années 1865 grâce à sa maîtrise de la technique de la marqueterie, qu’il ressuscite. En solo ou en collaboration avec Charles Wagner - avec qui il gère une entreprise dans les années 1870, - il participe aux expositions majeures de son temps et de sa discipline, notamment aux Expositions universelles où il remporte honneurs et médailles, et connaît un succès critique certain.

Attentif aux évolutions du goût, sa production est caractérisée par des meubles artistiques ou réalisés sur catalogue, éclectiques, élégants et raffinés. Son plus grand mérite est certainement d’avoir renouvelé la marqueterie de tous types de bois naturels et incrustée d’ivoire ou d’autres matériaux de luxe. Modèle de réussite par le travail, il s’élève socialement, mais il ne méprise jamais les ouvriers et milite en faveur de l’amélioration de leurs conditions de travail tout au long de sa carrière. Par ce succès et son oeuvre, il impose son statut d’artiste et contribue à la revalorisation de l’artisanat et des arts décoratifs au XIXe siècle.



 

UN ARTISTE DANS SON TEMPS : UN ARTISTE-ARTISAN À SUCCÈS

 

En 1865, Hunsinger connaît un premier succès à l’exposition de l’Union centrale des Beaux-arts appliqués à l’Industrie, où il présente un meuble-d’appui en marqueterie d’ébène et incrustations d’ivoire. Reconnu par les critiques qui lui promettent un bel avenir, il est récompensé d’une médaille de bronze. Deux ans plus tard, en 1867, il remporte les mêmes honneurs à l’Exposition universelle organisée à Paris. En 1869, il se distingue par sa participation à l’exposition de l’Union centrale, qui lui vaut cette fois une médaille d’argent.

Cette ascension est certainement mise en pause lors de la guerre franco-prussienne, entre 1870 et 1871. En décembre 1872, il s’associe à Charles Wagner, dont le rôle dans l’entreprise reste encore flou. Ils s’installent durablement au 13, rue Sedaine, où ils ouvrent une boutique. Ensemble, ils poursuivent la course aux distinctions : médaille de mérite à l’Exposition de Vienne en 1873, une nouvelle médaille à l’Exposition internationale de Londres en 1874, une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1878, une médaille vermeil à l’Exposition des Sciences appliquées à l’Industrie en 1879…

Ces mérites s’accompagnent d’un succès commercial qui leur permet l’ouverture d’une seconde boutique au 13, rue des Pyramides.


Dès 1881, Hunsinger met fin à sa collaboration avec Wagner et reprend l’entreprise en solo. Toutefois, sa renommée ne faiblit pas et il signe des réalisations qui comptent parmi ses chefs-d’oeuvre, notamment deux salons pour le restaurant Marguery à Paris. Aux expositions, il connaît encore un grand succès et enchaîne les récompenses. A Bruxelles, il remporte la médaille d’or en 1881. En 1887, il est récompensé de la médaille d’argent à l’exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs où il exposait « plusieurs pièces en palissandre ciré avec marqueteries de bois naturel de style Louis XIII. Parmi ces pièces, une grande armoire à deux portes de style flamand, un petit bureau de style anglais, et plusieurs autres meubles » à « l’exécution remarquable ». En 1889, à l’Exposition universelle, il est récompensé une nouvelle fois : il obtient une médaille d’argent.

Issu d’une classe sociale modeste et ayant connu le dénuement total, Hunsinger fait figure de modèle pour les artisans. Réputé pour être un travailleur acharné, son courage et sa détermination sont identifiés par les critiques comme les sources de son succès et de son élévation sociale. Sous leurs plumes, il devient l’exemple de l’artisan talentueux et travailleur dont l’assiduité a conduit au succès artistique et commercial.


Aux expositions, il présente des meubles artistiques de grande qualité qui le distinguent comme un artiste à part entière. Cette volonté de se présenter comme un artiste n’est pas propre à Hunsinger. Au cours du XIXe siècle, dans le domaine des arts décoratifs, les artisans revendiquent progressivement la part artistique de leur métier. Ils cherchent à ériger et à faire reconnaître leur discipline comme un art, qui soit à la hauteur des Beaux- arts et non inférieurs. C’est donc la hiérarchie entre les arts qui est bouleversée. Cette situation est renforcée par le contexte d’émulation des expositions où les artisans rivalisent de technicité, d’inventivité et de raffinement pour s’imposer avec des pièces d’exception. Mais, cette revendication du statut d’artiste est également menée à travers des actions collectives et des associations, notamment l’Union centrale des Beaux-arts appliqués à l’Industrie. L’Union est fondée en 1864 par plusieurs artisans d’art - notamment Jean-Paul Mazaroz - et est l’héritière des expositions du même nom organisées en 1861 et en 1863. Cette entreprise privée devait permettre de récolter des fonds nécessaires à l’organisation d’expositions et à la création d’un musée, d’une bibliothèque et d’une école dans le domaine des arts décoratifs. L’objectif est double : élever les artisans au rang d’artistes et rendre accessible l’art pour tous, dans les intérieurs, grâce à la production mobilière.

Au cours de sa carrière, Hunsinger collabore avec l’Union centrale à plusieurs reprises et contribue à ses projets à travers sa présence à ses expositions, le versement de cotisations, la participation à des souscriptions et le don de ses meubles pour le futur musée.



 

UN ARTISTE DANS SON OEUVRE :

RESSUSCITER LA MARQUETERIE ET L’INCRUSTATION

 

La renommée de Hunsinger est d’abord due à son emploi de la marqueterie qu’il renouvèle au XIXe siècle. À son apogée lors de la Renaissance italienne et des XVII et XVIIIe siècles en France, l’utilisation de cette technique est en relatif déclin au début du XIXe siècle. Autour des années 1850, la vogue historiciste amène les créateurs à poser un nouveau regard sur les périodes artistiques passées et les arts extra-européens contemporains. Le goût pour les styles Boulle, Louis XV et Louis XVI, qui se développe alors, explique certainement le retour en grâce de la marqueterie. À la faveur de cette mode, Hunsinger fait sienne la technique de ses aînés et s’inspire de leurs réalisations. Pour la composition et les formes de ses meubles, il alterne et/ou fusionne avec équilibre différents styles - ceux de la Renaissance, de l’art néo-classique de la fin du XVIIIe siècle et des meubles anglais contemporains. Il contribue ainsi pleinement à la mode éclectique caractéristique du XIXe siècle.

D’abord reconnu pour sa marqueterie d’ébène avec incrustations d’ivoire, il met au point la marqueterie de bois naturels, qui devient sa seconde spécialité. Alors que, pour les siècles passés, certaines teintes de bois étaient introuvables naturellement en Europe, les deux collaborateurs profitent du commerce mondial contemporain et de l’importation d’essences exotiques - notamment de couleur verte. Outre ces innovations, Hunsinger se forge une réputation grâce à la qualité d’exécution de ses meubles marquetés dont les découpes précises sont permises par les scies modernes. Certains de ses panneaux marquetés et incrustés, chefs-d’oeuvre de réalisation, apparaissent comme de véritables tableaux - parmi eux, l’abattant d’un bureau avec une scène en incrustation d’ivoire représentant des fauves et des trophées, ou encore ses portes de buffets marquetées de bouquets floraux en bois naturel et incrustés d’ivoire réalisés d’après Théodore de Bry.



 

Venez découvrir notre collection !







 

Panneau d’un cabinet de Charles Hunsinger et Charles Wagner, années 1870, ébène, marqueterie de bois naturel et incrustation d’ivoire, Antiquités Rodriguez Décoration

 

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Du 5 au 9 octobre






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