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LA GAZETTE RODRIGUEZ N°7 : TROUBADOUR MON AMOUR

13 mai 2016
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Chères visiteuses, chers visiteurs,

Nous sommes heureux de vous présenter notre dernière acquisition. Nous restons à votre disposition pour tout complément d’information.

PAIRE D’APPLIQUES AUX CHEVAUX
Bronze doré
XIXe

L.30 – H. 73 cm – P. 37 cm

« La conscience moderne tournée vers le passé national » – Victor Hugo

Importante paire d’appliques en bronze doré à trois branches chantournées aux entrelacs floraux soutenus par un chevalier sur sa monture, surmonté d’un dais d’inspiration gothique aux arcatures quadrilobées.
A la limite des arts décoratifs et de la sculpture, cette paire d’appliques s’inscrit dans un contexte fécond de réhabilitation de l’esthétique médiévale dès la fin du XVIIIe, et qui connaîtra son acmé au tournant de la seconde moitié du XIXe siècle, suite à l’efflorescence de créations participant d’une veine dite « troubadour » portée par des artistes tels qu’Isabey, Eugène Lami, Félicie de Fauveau … et des auteurs tels que Chateaubriand et son lumineux « Génie du Christianisme ».

Si la France bourbonienne de 1815 à 1830 s’inscrit dans la continuité d’un important retour religieux revenant en force suite aux violations et menées anticléricales qui marquent la Révolution française, les premiers tenants de cette fantaisie élevée au pinacle de la pieuse rêverie tendent progressivement à en définir les codes, jusqu’à en faire un crédo du goût et de la véritable appréciation. Gothicisant, romantique, cette mode « troubadour », furieusement adoptée par les élites royalistes revenues d’émigration dès 1815, telles la Duchesse de Berry ou Zoé du Cayla, favorite et amie de cœur de Louis XVIII, verra son héritage se prolonger jusqu’à des productions plus tardives, comme les réalisations de l’architecte et ensemblier Eugène Viollet-Le-Duc au château de Pierrefonds (Picardie, France), alors en ruines, dont la médiatique et fantasque réhabilitation s’effectua entre 1860 et 1870.

Cette réalisation néo-médiévale exubérante est à rapprocher de notre paire d’appliques, également d’un style gothique tardif, vraisemblablement réalisée d’après un dessin de Viollet-le-Duc qui conçut le décor de la chambre de l’empereur Napoléon III et de l’impératrice Eugénie au Château de Pierrefonds présentant une scène de vénerie où des cavaliers caracolent entre des rinceaux habilement entrelacés entre les protagonistes.

La pertinence de l’attribution de ce dessin à Viollet-le-Duc s’avère d’autant plus éloquente qu’un lustre présentant le même sujet a été réalisé dans la même période. D’inspiration « troubadour » également, offrant un miscellanée entre bestiaire de chapiteaux sculptés, enluminures de riches livres d’heure et de tapisseries de haute lice, ce lustre est composé de 4 branches, clavetés dans le fût central, comportant 4 cavaliers tenant dans leurs mains un bouquet de 5 lumières, soit un total de 20 lumières.

Cette typologie très caractéristique, et fortement ancrée dans le propos « historiciste » de la seconde moitié du XIXe siècle permet ainsi d’effectuer un parallèle entre notre paire d’appliques et une commande qui aurait été passée pour un château environnant de pastiche médiéval.

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ŒUVRE EN RELATION :

(1) Lustre aux cavaliers, seconde moitié XIXe siècle, Courtesy Galerie Didier Aaron.
(2) Pierrefonds. Cheminée du 1er étage de la tour de César, chambre de l’Empereur. Plan partiel du plancher haut, par Maurice Augustin Ouradou

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À bientôt !

Antiquités Rodriguez Décoration.

Direction Artistique : Roxane Rodriguez
Coordinatrice : Déborah Lalaudière
Rédaction : Damien Forest
Photographie : Matt Stark